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C'est
en ces termes que le journal Ras l'front daté de mars
96 rendait compte de la création de notre comité local.
Nous sommes au début de l'année 1996, le grand mouvement social
de novembre/décembre 95 a modifié radicalement le paysage politique
et syndical français.
A
l'université de Reims les élections du CROUS se préparent. Outre
les listes syndicales et corporatives habituelles une nouvelle
liste fait son apparition.
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Baptisée
d'une manière anodine voire folklorique "communauté
et convivialité" elle cache en fait la branche étudiante
du FN, le Renouveau Etudiant. Dans
une stratégie d'implantation en douceur dans les universités les
étudiants frontistes ont décidé de se présenter non sous leurs
propres couleurs mais par le biais d'associations aux noms plus
ou moins "neutres"... Outre le contexte de l'après mouvement de
95, nous sommes au sein de l'université dans un contexte chargé
d'émotion suite au meurtre d'un jeune étudiant devant une résidence
du CROUS. Le meurtrier étant d'origine étrangère, le FN et son
sous marin (chassez le naturel il revient au galop..) vont alors
faire campagne sur les thèmes de l'insécurité et de l'immigration...
Les
syndicalistes étudiants et les militants politiques de gauche
décident alors de riposter rapidement en démasquant le Renouveau
Etudiant. Une réunion publique sur le thème "comment vaincre le
fascisme à l'université" est organisée sur la fac de lettres,
une soixantaine de personnes débattent de la nature réelle du
FN et de ses satellites et de la nécessité de s'organiser de manière
efficace et durable. Ras l'front Reims venait
de naître...
Nationalement,
Ras l'front est alors en plein boum, surfant sur l'effet médiatique
de son intervention perturbatrice lors de la précédente fête du
1er mai du FN à Paris. Intervention abondamment relayée sur toutes
les chaînes de Télé et propulsant donc Ras l'front sur le devant
de la scène... Connu et reconnu, ouvert
à toutes les sensibilités politiques, mêlant étroitement
action et réflexion Ras l'front est le cadre organisationnel le
plus adapté. Un travail d'information va alors commencer sur la
fac. Le Renouveau Etudiant est finalement complètement laminé
aux élections et abandonnera pendant quelques temps toute tentative
d'implantation et même d'intervention…
Plaçant
le travail unitaire au cœur de son
action militante, Ras l'front va développer son activité et prend
contact avec les forces politiques, syndicales et associatives
rémoises. L'accueil est chaleureux voire enthousiaste. Ras l'front
Reims devient vite la référence antifasciste locale. Ras l'front
deviendra ainsi un des principales promoteur et animateur du comité
local de "vigilance contre l'extrême droite". De manifs
anti-Mégret ou anti-lepen, de réunions de formation sur l'extrême
droite, contre les commandos anti-IVG aux côtés du collectif pour
le droit des femmes, pour les sans papiers ou avec les chômeurs
d'AC!, organisant des cortèges colorés et "bruyants" lors des
manifs locales du 1er Mai Ras l'front Reims va vite s'imposer
dans le paysage associatif local. Lieu de rencontre pour débattre
et agir, ouvert et unitaire, Ras l'front
a démontré la pertinence de ses analyses, son utilité et sa capacité
à mobiliser.
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